Les Enragés

Claude Cassin, Joël Coquegniot et François Guillot avaient fait une tentative dans la paroie du Duc, avortée par la pluie début 1968.

Patrick Cordier, Lothar Mauch, Patrice Richard et Patrice Bodin (des parisiens), grimpeurs de talentueux, profitent du mauvais temps à Chamonix pour descendre dans le Verdon en août 1968.

« Je savais alors que, au fond des gorges du Verdon, inexplorées à l’époque, dormait une merveilleuse face calcaire, un véritable joyau monolithique enchâssé dans l’ombre fraîche du Grand Canyon. Vue du Point-Sublime la paroi ressemble au Capitan ( … avec un peu d’imagination). Aucune trace de faiblesse n’apparaissait dans ces grandes dalles de calcaire aux lignes fuyantes. C’était plus qu’il n’en fallait pour exciter une fois encore notre appétit de grimpeurs. D’autant plus que nous savions la face fort convoitée. » Narre Patrick Cordier dans son livre « les 100 plus belles des préalpes du sud » chez Denoël.

Les 4 grimpeurs installent 200 mètres de cordes fixes. Pour leur premier séjour dans le Verdon, ils avaient décidé de prendre leur temps et du bon temps : baignades tous les soirs et repas au restaurant après chaque journée d’escalade.

Patrick Cordier décrit cette aventure dans son livre : « L’escalade promettait d’être du genre technologique. Elle le fut beaucoup moins que prévu puisque, à part un mur lisse et surplombant de 40 mètres, la voie est presque entièrement libre. Par rapport aux autres itinéraires du Verdon, c’est une escalade unique dans son style. De grosses formations de tuf recouvrent fréquemment le rocher et font que l’escalade est d’un genre très particulier. »

De nombreux passages sont exposés, et la voie devient très vite une référence de haut niveau. Il faudra attendre plusieurs années pour voir la première ascension à la journée.

Qui sont les 4 ouvreurs :

Patrick Cordier

Patrick Cordier fut l’un des meilleurs grimpeurs de sa génération. Formé à Fontainebleau et au Saussois, les voies qu’il a ouvertes en montagne ne laissent pas indifférents. Excellent musicien, versant parfois dans la provocation, il cultive un style très « flower power ». Titulaire d’un diplôme de guide, il devient professeur guide à l’ENSA quelques années plus tard. Dans les années 90, il devient docteur en neurosciences. Le sujet de sa thèse est « Statique et dynamique d’un apprentissage moteur : analyse des trajectoires en escalade ».

Après l’ascension du Duc, il participe à de très nombreuses expéditions et réalise des solos audacieux comme le Nose au Capitan ou la face sud du Fou, l’escalade libre la plus dure des Alpes à l’époque.

Lothar Mauch

Lothar Mauch est allemand et vit à Paris. C’est un bon grimpeur, un homme d’affaires avisé et même un mannequin sur les podiums de haute couture ! Il fait également parti du spectaculaire sauvetage de deux alpinistes coincés dans la face ouest des drus en 1966.

Patrice Bodin

Patrice Bodin, tout comme sont frère est très souvent décrit comme marginal et anticonformiste. A l’opposé des grimpeurs qui soignent leur image, il se moque des codes et des institution et refuse d’appartenir à l’intelligentsia alpine.

Patrice Bodin est par ailleurs un peintre talentueux.

Patrice Richard

Le moins connu des quatre est Patrice Richard.

Les éléments biographiques sont issus de l’ouvrage de Bernard Vaucher « Les fous du Verdon »